LE PELERINAGE DU SAINT SUAIRE DE CADOUIN

Le Suaire de Cadouin, ramené de Terre Sainte par les Croisés, est un linge en lin (2,95 m x 1,35 m), décoré de bandes ornementales en soie à chaque extrémité. Jusqu’en 1934, on l’a vénéré comme le linge qui entourait la tête de Jésus dans son tombeau : le Saint Suaire.

 

La relique

 

Au Moyen-Age, les pélerinages sont nombreux car le culte des reliques est imprégné dans la culture populaire. De plus, la possession d’une relique est une source de prestige... et de revenus importants pour une abbaye.

À Cadouin, on ignore quand et comment les moines ont hérité du Suaire (première mention écrite en 1214). Mais cet événement a bouleversé le destin de l’abbaye : avec le pélerinage, les moines durent renoncer à leur isolement dans la forêt.

Le sanctuaire

 

Cadouin est ainsi devenu un sanctuaire de pélerins grâce à la possession du Saint Suaire et celui-ci a inspiré toute la décoration de l’abbatiale. Ainsi la fresque de
la Mise au Tombeau du XVe siècle, celle de la Résurrection (XVIe siècle), et les vitraux datant de 1878 ont tous pour thème la relique.


Véritable trésor, les moines avaient placé la relique en lieu sûr : au dessus de l’abside, dans un coffre suspendu par des chaînes. Elles sont toujours là, mais sans le coffre !

 

La fin des pélerinages

 

Le succès du pélerinage oscilla selon les époques. Relancé en 1866 par Monseigneur Dabert, les grandes ostensions du mois de septembre réunissaient des milliers de pélerins à Cadouin... jusqu’en 1934. Un expert révèle alors que le linge était dédié à Musta Ali, un calife égyptien de la fin du XIe siècle !

L’évêque dut supprimer le pélerinage, à la stupéfaction des Caduniens.... ou le déclin de l’abbaye.